Le songe est un mensonge conscient. La souffrance est étouffée, tout simplement, et les voies pour fuir sont vaines, lâches, futiles, tout comme leur existance humaine. Ils n'ont plus le courage de sa battre, la médecine les a endormis et bercés de tendres et belles illusions, aussi plates que réelles. Tout cela n'est qu'un beau rêve. Tout se perd, leur conscience dans la fumée, leurs yeux dans l'eau forte, leur voix dans le vice. Leur talent est là, certes, mais ils n'on plus la force. La fougue de vivre les a abandonnés, ils préfèrent se noyer dans leur mortelles passions, pour oublier, pour fuir. Oublier quoi ? Fuir quoi ? La douleur, mère de toutes nos inspirations, nous aide à accoucher notre âme sur le papier. Maisles clans s'affrontent : les aigles fiers, aux yeux perçants, qui refusent de vivre et préfèrent planer, contre les loups, les survivants, qui cherchent malgré tout à s'en sortir, et usent de force et de patience. Ils traquent, et bien que la trahison leur est commune à tous, elle leur est impossible, tant qu'ils sont liés par le même dessein.
Les loupes détestent les aigles, les aigles détestent les loups. Trop de choses les éloignent. Cependant, une seule les rapproche : ils sont tous mortels. A vous maintenant de choisir votre camp : faire semblant d'accepter la mort ou alors assumer la vie. Cessez de vous duper. Cette traîtrise est misérable d'humanité. Vous croyez être des dieux, vous en ignorez la signification. Et pourtant, vous sombrez tour à tour dans les faiblesses inventées par vos égaux. Croyez-moi, je vous le dit, ce n'est pas en bouchant vos oreilles et en fermant votre esprit que vous réglerez vos problèmes. Quelles sont ces feintes ? Quelles sont vos peurs ? Ouvrez-vous à vosu-mêmes, enfants de Freud terrassés par votre moi. Vous craignez le loup comme vous craignez un homme debout, dont la sexualité vous opprime et vous offense. Petite fille, cesse de crier. L'homme nu face à toi est peut-être un ange. Si tu fermes les yeux sans voir, tu ne connaîtras pas le repos. Ainsi parlent les fauves, prédateurs conscients de leur versatilité.
Nous ne méprisons la lâcheté que lorsqu'elle nous offense. Vous êtes des modèles recopiés sur une feuille, esquissés à l'infini, semblables à la monotonie. Quiconque croit à l'originalité se voit affublé du costume de la médiocrité. Sans chercher à vous ressembler, vous vous copiez tous. Vous êtes les pantins de vos idéaux, sur une mer qui n'existe pas. Vous n'êtes pas réels, et vous disparaîtrez, ainsi que le TEMPS. Et il sera trop tard pour vous en retourner. Vous tomberez, ailes brisées, ainsi que les anges déchus, et les loups comme nous se régaleront de votre chair morte, bel exemple de l'impossibilité d'un paradis artificiel. Vous êtes des innocents, des âmes perdues qui s'étioleront et une leçon inscrite dans des restes décomposés que nous rongerons. Car Dieu est miséricorde.