And I'm not scared Light my candles, in a daze 'Cause I've found God

And I'm not scared Light my candles, in a daze 'Cause I've found God
J'ai l'impression d'être dans un placenta, à l'abri. Je ne ressens aucune douleur, aucune pitié quand je me regarde, j'ai l'impression de revivre, de réssuciter. Quand je pense à ceux qui m'ont fait souffrir, je n'ai pas de haine, je n'ai pas d'indifférence. Je me sens aussi innocente qu'un agneau qui tète sa mère. J'ai l'impression de sortir d'une source fraîche de bien-être, où la rancune n'existe pas. J'avance, j'aime, je prie, je vois ce crucifix d'argent, ce chapelet où aucune trace de faute ne subsiste, et où la peine a refleuri en réminiscence d'un monde des Idées que nous avons quitté, peut-être. C'est bon de ne plus être souillée par aucune peur, aucun dégoût, seulement par le bien-être, la lumière, le chemin, oui, peut-être aussi. Avançons dans la lumière. Je me sens comme les cheveux qui galopent, cheveux au vent. Oh, que c'est bon de revivre. Je n'ai pas besoin de me tatouer le phénix, le phénix est dans mon coeur, il se déploie, et je me déploie avec lui. Adieu, misère ! J'apprends et je continue sans ton aide. Bon sang, que c'est bon de vivre sans toi. Je peux me promener dans les cimetières sans remords, et aller voir mon maître, prier sur sa tombe, le remercier, lui demander de m'aider. Car ma soif de connaissance ne peut être épanchée, et malheureusement, elle déborde même; je ne me souviens de rien, j'oublie. C'est l'inconstance. C'est magnifique.
Je ne veux pas être quelque chose que l'on peut décrire, dont on est sûr et certain. Je ne veux pas être un code, je veux, comme l'eau, être incernable, changeante, fuyante. Je ne veux pas que l'on me traduise. Je suis un texte indéchiffré, et seuls ceux qui sont là depuis assez longtemps peuvent avoir trouvé les codes. C'est bon de se sentir changeant. Certains cherchent la stabilité terrestre. Moi, je la trouve dans le spirituel, me raccrochant à la seule chose que je suis sûre de ne pas perdre : ma croyance. C'est formidable, n'est-ce pas ?
J'ai tout de même besoin de bras qui m'enserrent, d'amour, de contact, de baisers. J'ai besoin de me sentir vivre, de voir les soleils se succéder aux orages, de pleurer sur Pink Floyd, de fumer une clope avec ma meilleure amie, de faire en sorte d'être merveilleuse, de continuer à faire rouler mon sang quelque part dans mes veines et mon coeur. Je n'ai pas envie qu'on me connaisse tout à fait, c'est là l'intérêt d'être surprenant. Choisir ce qu'on est ? Le montrer ? Craindre de faillir ? La diversité est le plus beau cadeau qu'on aie offert à la personnalité. Profitons-en.

Wish you were here
Shine on you Crazy Diamond
My way
Don't Say a Word
The Piper at The Gates of Dawn album <3
Safeguard to Paradise
Lithium
Sugar
Boom
Amazing Grace


Dire que Syd Barrett est mort.

# Posté le samedi 27 juin 2009 04:49

Nique la police. (?)

Nique la police. (?)
J'écris cet article en sachant pertinement que personne ne le lira. D'ailleurs, ce blog est à l'abandon, comme une bouteille à la mer, mais plus elle vogue, plus elle s'use, seule, et plus elle aura de choses à raconter. Croyez-moi.
Pour ma part, je me sens libérée du lourd poids de l'écrit pour le bac. En ce moment, certains de mes amis sont malades. Je leur souhaite de guérir, parce que je les aime.
Le 21 mars 2009, j'ai cru avoir des amis, mais j'ai réalisé que non. Oh, grand jamais, grand Jamais n'allez fréquenter les Free-Hugs. Par pitié, sauvez-vous. Vous y laisseriez leur vie.
Parfois, quand je me regardais dans la glace, je pensais ressembler aux Grâces de Rubens. En fait, en ce moment, je m'en fous. J'ai envie de faire du sport, de marcher, de courir, je mange du chocolat et des tagliatelles tant qu'il me plaît, mon corps restera toujours blanc, et grand, et fort. Je ne pourrais jamais porter les vêtements que je veux, et avoir les choses que je veux, je ne me fais plus d'illusions. Autant faire avec ce qu'on a, mieux, en tirer profit une fois pour toutes.
J'ai envie de mettre à nu mon armoire, de ranger ma maison, d'avoir une vie, d'inviter mes amis. Je n'ai plus envie d'avoir de relations intimes ou amoureuses avec qui que ce soit. Mon expérience m'a dégoûtée. Je veux cesser de connaître des gens qui vous ignorent, et qui à la moindre incartade, vous reprochent de ne jamais vous appeler. Tout cela est digne de l'hypocrisie. Allez, endormez-vous.
Je me sens bien, je me sens libre, détendue, l'esprit zen. Tout le monde est beau. La Beauté est partout. Même chez ceux qui sont laids. J'en serais capable, croyez le.
Le temps est doux, le soleil est clair, c'est l'heure des promenades.

Révisons le français en toute sérénité.

# Posté le mercredi 24 juin 2009 17:08

Sugar Mice. Ce soir je suis belle.

<< Le passé m'attire, le présent m'effraie parce que l'avenir c'est la mort. Je regrette tout ce qui s'est fait, je pleure tous ceux qui ont vécu; je voudrais arrêter le temps, arrêter l'heure. Mais elle va, elle va, elle passe, elle me prend de seconde en seconde un peu de moi pour le néant de demain. Et je ne revivrai jamais.
Adieu celles d'hier. Je vous aime. >>

Maupassant

Aujourd'hui, le 22 juin 2009, j'ai passé mon bac français. C'est tombé sur le théâtre, mais je ne m'en plains pas, il valait mieux ça que l'argumentation.
Ce jour est aussi marqué par la plus remarquable gamelle à deux que j'ai eu de ma vie. N'essayez jamais d'embrasser un garçon sur la joue si il ne s'est tenu à aucun poteau !
Nous avons mangé entre amis, chacun son style, entre hamburgers, wraps, cocas et paninis.
Enfin, nous sommes allés voir Lascars, qui malgré tout est bien drôle, bien qu'invraisemblable, presque.
C'est que le rap, ça pourrait presque devenir intéressant !
Mais au niveau musical, le classique, le métal et le rock dominent.
Comme je disais à un ami, bêtement : "Metal is our religion".

J'ai mis la photo de Marie-Madeleine parce que je m'en sens proche.
Sugar Mice. Ce soir je suis belle.

# Posté le lundi 22 juin 2009 17:21

Assomons les pauvres !

System of a Lego - Sugar !

"[...] Comme j'allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l'esprit remuait la matière, et si l'oeil d'un magnétiseur faisait mûrir les raisins.

En même temps, j'entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c'était celle d'un bon Ange, ou d'un bon Démon, qui m'accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n'aurai-je pas mon bon Ange, et pourquoi n'aurais-je pas l'honneur, comme Socrate, d'obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien-avisé Baillargé?

Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n'avait qu'un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d'action, un Démon de combat.

Or, sa voix me chuchotait ceci: «Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.»

Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D'un seul coup de poing, je lui bouchai un oeil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m'étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d'une main par le collet de son habit, de l'autre, je l'empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j'avais préalablement inspecté les environs d'un coup d'oeil et que j'avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.

Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d'une grosse branche d'arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l'énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un steak.

Tout à coup, -- ô jouissance du philosophe qui vérifie l'excellence de sa théorie! -- je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n'aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure, le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d'arbre me battit dru comme plâtre. -- Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie.

Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d'un sophiste du Portique , je lui dis: «Monsieur, vous êtes mon égal! veuillez me faire l'honneur de partager avec moi ma bourse; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu'il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l'aumône, la théorie que j'ai eu la douleur d'essayer sur votre dos.»

Il m'a bien juré qu'il avait compris ma théorie, et qu'il obéirait à mes conseils."


Baudelaire, Le Spleen de Paris

# Posté le dimanche 21 juin 2009 04:42

Les hommes sont des estomacs pour lesquels nous sommes des aliments : ils nous mangent comme des affamés, et dès qu'ils sont pleins, ils nous renvoient... [ Othello]

Les hommes sont des estomacs pour lesquels nous sommes des aliments : ils nous mangent comme des affamés, et dès qu'ils sont pleins, ils nous renvoient...  [ Othello]
<< Iago. - Ta vertu pour une figue ! Il dépend de nous-mêmes d'être d'une façon ou d'une autre. Notre corps est notre jardin, et notre volonté en est le jardinier. Voulons-nous y cultiver des orties ou y semer la laitue, y planter l'hysope et en sarcler le thym, le garnir d'une seule espèce d'herbe ou d'un choix varié, le stériliser par la paresse ou l'engraisser par l'industrie ? eh bien ! le pouvoir de tout modifier souverainement est dans notre volonté. Si la balance de la vie n'avait pas le plateau de la raison pour contrepoids à celui de la sensualité, notre tempérament et la bassesse de nos instincts nous conduiraient aux plus fâcheuses conséquences. Mais nous avons la raison pour refroidir nos passions furieuses, nos élans charnels, nos désirs effrénés. D'où je conclus que ce que vous appelez l'amour n'est qu'une végétation greffée ou parasite.

Roderigo. - Impossible ! >>

Othello, de Shakespeare.


Tant que mes yeux pourront larmes espandre,
A l'heur passé avec toy regretter :
Et qu'aus sanglots et soupirs resister
Pourra ma voix, et un peu faire entendre :

Tant que ma main pourra les cordes tendre
Du mignart Lut, pour tes graces chanter :
Tant que l'esprit se voudra contenter
De ne vouloir rien fors que toy comprendre :

Je ne souhaitte encore point mourir.
Mais quand mes yeus je sentiray tarir,
Ma voix cassee, et ma main impuissante,

Et mon esprit en ce mortel sejour
Ne pouvant plus montrer signe d'amante :
Prirey la Mort noircir mon plus cler jour.

Louise Labé. </3

# Posté le samedi 20 juin 2009 16:05

Modifié le samedi 20 juin 2009 16:19